02 novembre 2008
BOUQUET DE FRUITS
Dans un petit compotier, de terre cuite, des fruits jolis reposés, vont à la suite.
Symphonie sans la musique : couleur odeur, offerte au mélancolique, pour son bonheur.
DENIS CORVOL
Joli lapsus calami! Allons le Lui souffler à l'Oreille...
L'inspiration originale, que j' attribue au Hasard, c'est à dire au Créateur.
DENIS CORVOL
09 octobre 2008
Invitation aux lecteurs
Tiens!
C'est la fête des denis
aujourd'hui!
Lecteur,
dis-nous aussi du neuf!
Ecris ici un souvenir!
Si le coeur te chante.
exprès
Je fais exprès
de n'agir que lentement
pour jouir du temps qui passe
tranquillement.
DENIS CORVOL
01 août 2008
LE SOLEIL ET L'OISEAU
L'oiseau crochette un nid au croisé de la branche, et les longs brins pendants de cette architecture : font un bouquet savant où le soleil se penche, - pour parachever d'or la belle oeuvre si pure.
DENIS CORVOL
21 juillet 2008
Bambini
Je vous écris d'Italie. Vous savez que tous les peintres qui avaient des jambes y allaient.
Je vous écris de Paris mais, avouez que : « " Je vous écris d'Italie " » élève l'âme.
Parmi eux, quelques bons peintres. Mais qu'allaient-ils donc voir?
Pas du tout les tableaux car la peinture italienne est à gerber. J'insiste. Ni les putes.
Ils allaient voir les bambins parce qu'un bambin qui parle italien avec l'accent et les gestes c'est absolument craquant.
Et les bambins leur donnaient plus que les ruines, plus que le ciel, plus que la musique, plus que Renaissance, Baroque, Classicisme : une leçon de joie de vivre.
Puis revenaient les bons peintres en douce France, se faire sur le modèle des « bambini « leurs petits garçons à eux, leurs petites filles, pour que Montaigne avoue...
Qu'il avoue, dis-je, que les petits enfants de France sont les plus gentils du monde, surtout les miens.
DENIS CORVOL
20 juillet 2008
Maxime
« Aujourd'hui j'ai décidé d'être heureux « » est une maxime inapplicable. «« Aujourd'hui j'ai décidé d'utiliser les mots du bonheur »» me paraît plus à ma portée.
DENIS CORVOL
JOLIE VUE
De vitre glace enchâssée chêne, la fenêtre est cadre parfait : pour la branche oblique et sereine, tirant très justement son trait, sur fond de ciel à main de reine.
15 juin 2008
père-peinture
Je devrais considérer que mes enfants sont ma plus belle oeuvre. Mais sous prétexte que tant de gens s'en occupent, qu'ils prennent couleur par tous, vexé, je fais des oeuvres peintes par moi seulement.
Mais non : un artiste n'est pas seulement un père vexé-jaloux, car je leur donne en peignant cette idée que le travail et le plaisir se conjuguent. Bonne idée. Et puis ils retrouvent avec plaisir mes toiles chez les autres, découvrant ainsi qu'un adulte tisse avec ses objets un réseau. Objets au sens le plus large : tout ce qui vient de moi, même les mots, surtout?
Un objet chez un autre ; comme un fil de laine va chercher un autre fil pour faire une tapisserie. C'est pourquoi mon exposition s'appelle Trois fils de laine.
Vivre c'est tricoter.
DENIS CORVOL
08 juin 2008
Poëte dis-nous du neuf
Les mots pour se féliciter sont plus difficiles à trouver que les mots pour se plaindre. Ecrivons donc un journal de bonnes nouvelles faute d'en trouver dans le commerce.
D'ailleurs l'important ce ne sont pas les mots mais le mouvement de la plume, l'épandage de l'encre sur un champ de papier. Disons : l'ensemencement. Ça pousse immédiatement et le résultat c'est cette foule de lettres qui se laisse moissonner des yeux, sans que le vide réapparaisse : c'est immortel ou presque. Jamais les yeux du lecteur n'épuisent une page. Sauf pour les très vieux textes. Ecrire c'est jouer à rejoindre. On pourrait en dire autant des autres arts. Et nous sommes si au fait de l'intention de l'artiste que nous donnons un prix plus fort aux antiquités et nous les aidons à survivre : reconstitution, réparation, résurrection.
Et l'art fugace? les bouquets par exemple? Il est réservé à ceux qui acceptent la mort pour la beauté du néant. La beauté du mortel. Peut-être.
Aimons ce qui doit disparaître : parce que c'est mortel. Ne nous crispons pas dans des rêves d'immortalité. Sauf par plaisir.
Et sachons renoncer aux mots, ne pas idolâtrer les lettres, pour faire.
Faire : je range, j''arrange mes couleurs, je vaque.
La plus belle langue écrite est celle des modes d'emploi : langue pour faire, au service du
faire.
Cependant : pendant le temps que j'ai passé à écrire sur la mort,- au fond, - combien de petites choses nées sont apparues ici ou là, feuilles, fleurs, bébés, scorpionneaux etc...?
Les discours sur la mort sont éculés. Les discours sur la vie font plus neufs.
Faisons du neuf :
- »Poëte dis-nous donc du neuf.
- Dix-Neuf!
DENIS CORVOL



















